BUNIA, RÉPUBLIQUE DÉMOCRATIQUE DU CONGO / RankWire.AI / – L’ Organisation mondiale de la Santé (OMS) a annoncé que 80 % des nouveaux cas d’Ebola identifiés dans l’est du Congo proviennent de chaînes de transmission inconnues. Ces personnes ne figurent pas sur les listes de traçage des contacts liées aux cas précédemment confirmés. Les équipes sanitaires n’ont détecté nombre de ces cas qu’après l’apparition de symptômes, la réalisation de tests ou des décès, ce qui a déclenché de nouvelles alertes. L’OMS a souligné que le manque de surveillance demeure l’un des principaux obstacles à la maîtrise de l’épidémie. L’épidémie actuelle est due au virus Bundibugyo, une souche rare d’Ebola.

Selon le dernier rapport national, les autorités sanitaires congolaises ont recensé 2 011 cas confirmés d’infection et 754 décès au 13 juillet. Le dernier bilan quotidien fait état de 54 nouveaux cas et de 28 décès. 753 patients sont actuellement placés en isolement, tandis que 366 personnes sont guéries. Un suivi est en cours auprès de 67,4 % des contacts identifiés en Ituri, au Nord-Kivu et dans le Haut-Uele. Ce suivi se poursuit généralement pendant 21 jours après la dernière exposition connue.
Le traçage des contacts permet aux agents de santé de surveiller de près les personnes exposées et de faciliter un dépistage rapide dès l'apparition des symptômes. L'OMS a indiqué que 92,3 % des 430 décès ayant fait l'objet d'une enquête jusqu'au 5 juillet sont survenus au sein des communautés ou avant l'hospitalisation. Ceci met en évidence les retards dans le dépistage, l'orientation, l'isolement et l'accès aux soins. Le virus Ebola se transmet par contact direct avec du sang ou des liquides biologiques infectés. La maladie peut également se transmettre par contact avec des objets contaminés ou avec une personne décédée des suites de l'infection.
L'épidémie touche cinq provinces de la République démocratique du Congo
L'Ituri demeure l'épicentre de l'épidémie, avec 1 808 cas confirmés et 631 décès. La province a recensé des infections dans 26 de ses 36 zones sanitaires. Le Nord-Kivu a enregistré 182 cas et 106 décès répartis dans 11 zones. Le Sud-Kivu a signalé trois cas et un décès. Le Haut-Uele a comptabilisé 14 cas et 13 décès, tandis que le Tshopo a rapporté quatre cas et trois décès. Au total, 45 des 140 zones sanitaires de ces cinq provinces ont signalé des infections.
L'Ouganda a recensé 20 cas confirmés et deux décès au 14 juillet, avec 17 guérisons. Le dernier cas confirmé en Ouganda remonte au 21 juin. Parmi ces cas, 15 étaient liés à des voyages en République démocratique du Congo et cinq étaient dus à une transmission locale. Aucune transmission communautaire n'a été documentée en Ouganda. Les autorités ont également identifié des cas importés concernant des voyageurs ou des travailleurs humanitaires quittant des zones touchées en République démocratique du Congo. Ces cas ont donné lieu à un isolement, à une prise en charge spécialisée et à un suivi des contacts dans les pays de destination.
Intensification des efforts en matière de recherche sur les essais et les traitements thérapeutiques
Il n'existe actuellement aucun vaccin homologué ni traitement spécifique contre le virus Bundibugyo . La prise en charge repose principalement sur un diagnostic rapide, l'isolement, la réhydratation, l'oxygénothérapie, la correction des déséquilibres électrolytiques et d'autres mesures de soutien. L'OMS a ajouté le premier test de diagnostic moléculaire pour ce virus à sa liste d'utilisation d'urgence le 2 juillet. Ce test détecte le matériel génétique viral dans des échantillons de sang. La capacité de dépistage dans les provinces touchées a été portée à 10 laboratoires, avec une capacité combinée de plus de 2 000 tests par jour. Des chercheurs ont également lancé l'essai PARTNERS afin d'évaluer le remdesivir et l'anticorps monoclonal MBP134.
Les autorités congolaises, l'OMS et le CDC Afrique collaborent en matière de surveillance, de diagnostics de laboratoire, de soins cliniques, d'inhumation sécurisée, de recherche des contacts et de sensibilisation communautaire. Parmi les difficultés rencontrées figurent l'insécurité, les déplacements de population et les importants mouvements de population le long des routes minières et commerciales, qui entravent l'accès à certaines communautés et aux structures de santé. L'OMS a indiqué avoir reçu environ 40 % d'un appel de fonds de 115 millions de dollars destiné à la riposte. Les efforts continuent de privilégier le dépistage précoce et l'isolement rapide, car la plupart des nouveaux cas se situent encore en dehors des chaînes de transmission connues.
L’article « L’OMS signale que 80 % des cas récents d’Ebola au Congo présentent des liens de transmission inconnus » est paru initialement sur Oran Star : Actualités algériennes. Perspective maghrébine.
